Texte de Madre Trinidad de la Santa Madre Iglesia,

du 15 février 2001, intitulé :

BIENVENU SOIT L’HOMME DANS LE SEIN DU PÈRE !

Extrait du livre publié de Madre Trinidad de la Santa Madre Iglesia Sánchez Moreno : Lumière dans la nuit. Le mystère de la foi donné en sagesse amoureuse

Note .- Pour télécharger le texte complet, cliquez ici.

 La restauration accomplie de l’homme déchu au moyen de l’immolation sanglante du Rédempteur Divin, manifestation majestueuse de l’excellence du Pouvoir Infini dans une effusion de son amour éternel pour la gloire de son Nom et le salut des âmes, a été le point culminant de la Rédemption du Messie Promis aux saints Patriarches et annoncé par les Prophètes de l’Ancien Testament, en tant qu’Agneau Immaculé qui a été immolé pour enlever les péchés du monde, puis est venue la résurrection et la vie par le triomphe du Christ ressuscité :

« Voici que nous montons à Jérusalem, et que va s’accomplir tout ce qui a été écrit par les prophètes sur le Fils de l’homme. En effet, il sera livré aux nations païennes, accablé de moqueries, maltraité, couvert de crachats ; après l’avoir flagellé, on le tuera et, le troisième jour, il ressusciter ».

 « Et voici que le rideau du Sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas ; la terre trembla et les rochers se fendirent. Les tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent, et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la Ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens.

 À la vue du tremblement de terre et de ces événements, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d’une grande crainte et dirent : « « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! » »

« Jésus dit d’une voix forte : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, Il remit l’esprit » ;

l’âme du Divin Crucifié, triomphante et glorieuse, prend son envol dans un triomphe de majesté souveraine, et libérant les saints Pères qui attendaient son saint avènement, accompagnée de ces derniers, elle se présente devant les larges portes de l’Éternité, et les ouvre par le fruit de sa glorieuse Rédemption comme « Roi des rois et Seigneur des seigneurs », entrant en gloire ; et avec Lui, le cortège nuptial d’une multitude de captifs, derrière lesquels entreront désormais tous les hommes. « C’est pourquoi l’Écriture dit : Il est monté sur la hauteur, Il a capturé des captifs, Il a fait des dons aux hommes. Que veut dire : Il est monté ? – Cela veut dire qu’Il était d’abord descendu dans les régions inférieures de la terre ».

Quel grand jour ! Voici que l’âme du Premier-né des hommes est entrée au Ciel.

Quel formidable jour de fête !… Quelle fête paisible ! Quelle grande et inaltérable paix !

Quel samedi de triomphe glorieux ! où l’âme du Fils Unique-engendré de Dieu, qui est en même temps le Fils de l’Homme, ouvre par le fruit de sa rédemption les Portes somptueuses de l’Éternité, fermées depuis le temps du Paradis terrestre à cause du péché commis en rébellion par nos Premiers Parents ; alors, au passage impétueux de l’irrésistible pouvoir de l’âme du Fils Unique-engendré de Dieu immolé, les frontons anciens se lèvent dans un triomphe de gloire.

 Tandis qu’au plus haut des Cieux et jusqu’aux derniers confins de la terre résonne une hymne de joie et de louange :

« Portes, levez vos frontons,
Élevez-vous, portes éternelles :
qu’il entre, le roi de gloire !
Qui est ce roi de gloire ?
C’est le Seigneur, le fort, le vaillant,
le Seigneur, le vaillant des combats.
Portes, levez vos frontons,
levez-les, portes éternelles :
qu’il entre, le roi de gloire !
Qui donc est ce roi de gloire ?
C’est le Seigneur, Dieu de l’univers ;
c’est lui, le roi de gloire, »

l’Oint de Yahvé, en qui les Anges de Dieu, en adoration, pleins d’espérance et de joie profonde, contemplaient l’âme du Christ qui, triomphant, ouvrait par le fruit de sa rédemption avec ses cinq plaies le Sein du Père, conduisant à sa suite vers la joie éternelle la cour glorieuse et triomphante des Pères anciens : Abraham, Isaac, et Jacob avec les saints Prophètes, avec le Christ et ses frères du Peuple d’Israël, premiers-nés choisis pour être dépositaires des promesses de Dieu à l’homme, et avec la légion de captifs sauvés par le prix de son Sang et qui attendaient son saint avènement.

Tandis qu’on entendait dans les hautes sphères de l’Éternité comme une hymne de triomphe :

 Bienvenu soit l’Homme qui par le mérite de ses cinq plaies a ouvert le Sein du Père !

Toutes les promesses de l’Ancienne Alliance de Dieu avec l’humanité ont été tenues, puisque le Christ est la promesse accomplie et achevée dans un triomphe glorieux et définitif de conquête de gloire, et qu’Il entre dans l’Éternité en ayant vaincu le péché et triomphé de la mort.

Pendant que mon âme, introduite par Dieu dans cette chambre nuptiale en compagnie des Anges, abasourdie, transportée par une surprise indicible et indescriptible, folle d’amour et de joie, – pénétrée de la sagesse amoureuse de l’Être Infini, transcendée et élevée par la main puissante de sa souveraineté coéternelle pleine de pouvoir et de majesté, pour que de quelque façon je puisse le décrire, même dans les limites de ma pauvreté et de la misère de mon néant – contemplait le spectacle le plus grandiose, le plus triomphant et surprenant jamais réalisé : le triomphe de l’âme de l’Homme entrant avec sa puissance éternelle, comme Fils Unique-engendré de Dieu Lui-même, dans la gloire de l’Éternité.

C’est pourquoi aujourd’hui, sous l’impulsion du Tout-Puissant et par le pouvoir de sa grâce, qui d’une manière que Lui seul connaît, m’introduit dans ses mystères pour que je les manifeste, j’exprime –  de ce qu’il m’est possible d’exprimer avec la pudeur spirituelle de mon âme-Église et comme Écho de cette Sainte Mère, avant de m’en aller avec le Christ vers l’Éternité – tout ce que mon âme a vécu et contemplé le 28 mars 1959, plongée dans le mystère de l’entrée en Gloire de l’âme du Christ, et blottie dans le sein de la Vierge, sous la protection de sa Maternité divine, ne faisant qu’un avec Elle, et inondée de la lumière de la contemplation de Marie.

Marie, transcendée, en tant que Reine et Souveraine, transportée d’amour, de joie et d’adoration, pénétrait, en un instant, dans le mystère de l’entrée de l’âme du Christ, son Fils, dans l’Éternité.

Dans le texte d’aujourd’hui j’ai repris un peu de ce que, plongée dans le mystère de Dieu, ce jour-là m’a fait vivre dans une profonde vénération amoureuse de sagesse sapientielle et de profonde et respectueuse adoration.

Oh ! Marie !… au moment où Jésus est monté vers le Père, unie à l’âme de son Fils, Elle a participé d’une manière surabondante et élevée, tellement Elle était transportée par la joie de l’Esprit Saint, le contentement, la gloire et le bonheur si grand de l’âme du Fils Unique-engendré de Dieu, son Fils, entrant dans l’Éternité.

Et bien que Marie fut en exil, son âme transcendée et transportée, était avec l’âme de son Fils ; c’est pour cette raison que la Vierge n’a pas eu besoin de se rendre au sépulcre… Car c’est à Elle, avant quiconque, que le Seigneur est apparu.

Car Jésus a fait participer sa Très Sainte Mère aux mystères de sa vie, de sa mort et de sa résurrection d’une manière telle, qu’avant qu’ils soient révélés à quiconque, Elle les vivait déjà dans une contemplation amoureuse de joie et de douleur dans l’union participative du mystère du Fils Unique-engendré de Dieu, son Fils.

C’est pourquoi avec la mort de Jésus Marie a trouvé le repos, voyant la volonté du Père accomplie et la glorification de son Fils et de son Dieu.

 Marie contemplait l’entrée au Ciel du Fils de Dieu, son Fils, tandis qu’Elle demeurait sur la terre, avec les Apôtres, en tant que Mère de l’Église.

Aujourd’hui le Ciel est en fête, car Jésus y est entré et que c’est le commencement de l’Église glorieuse ; mais la terre est en deuil, car les hommes ont tué le Fils de Dieu, le Messie Promis et annoncé par les saints Prophètes, et les Apôtres ne savaient pas quelle joie Il éprouvait tandis que Marie Le contemplait, pleine d’une joie indicible, inondée par l’amour de l’Esprit Saint. C’est pourquoi Elle se réjouissait avec Jésus et souffrait avec les Apôtres ; Elle se réjouissait en tant que Mère de l’Église, avec l’Église glorieuse, et Elle souffrait avec l’Église souffrante et meurtrie.

Comme Marie est grande et méconnue si l’on songe aux plans éternels de Dieu envers Elle !…

« Oh ! quel grand jour !… Quelle fête !…

L’âme de Jésus jaillit… jaillit…

Quel cortège !… Voyez le cortège qui accompagne le Christ !… Quel cortège !… Comme un fiancé le jour de ses noces !… C’est l’Église triomphante !… Nouvelle Jérusalem Céleste, restaurée par le Sang de l’Agneau.

Quel cortège sans fin !… Quels cantiques de gloire !… Quelle joie !… Quelle joie !…

 Le voile du temple s’est déchiré parce que le Sein du Père s’est ouvert !

L’âme du Christ, dans le Sein du Père, en tant que Verbe et en tant qu’Homme, se réjouit !… Son corps repose dans le sépulcre…

La loi ancienne a été brisée lorsque le voile du temple s’est déchiré !… Le Christ a parachevé la loi en mourant sur la croix. « Tout est accompli !. »

 Désormais l’Église triomphante chante la Nouvelle Alliance par la voix Jésus !… Les portes de l’Éternité se sont ouvertes avec les plaies de l’Agneau !… Les verrous de bronze ont été brisés par le triomphe du Verbe Incarné !… Dieu et l’Homme se sont étreints dans le Christ et dans le triomphe invincible et définitif de l’Éternité !

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux !… » Le Christ Homme entre en Gloire suivi d’un cortège… Voyez quel cortège triomphant et glorieux accompagne le Christ !…

Quel grand jour !… Comme l’Église est parée et comme elle est contente quand elle entre au Ciel avec Jésus !… Et moi si petite, effrayée et tremblante, je contemple cela parce que je suis Église, sous la protection de la Maternité de Marie !…

Voyez le cortège qui accompagne le Christ !… C’est l’Église triomphante, la Jérusalem Céleste, irriguée et baignée du Sang de l’Agneau, qui aujourd’hui commence son glorieux triomphe en compagnie des Anges de Dieu. Aujourd’hui, entre le Christ, suivi du cortège des tous les Pères anciens.

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! » chantent les Anges. Ils s’inclinent tous devant l’Homme !… Tous les Anges s’inclinent devant l’Homme-Dieu qui entre au Ciel, triomphant.

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux…. » Gloire à Dieu ! Gloire à Dieu par l’Homme !…

Désormais l’Homme est dans le Sein du Père, jouissant de la gloire de Dieu, en tant que Dieu et en tant qu’Homme.

 Bienvenu soit l’Homme dans le Sein du Père !… l’Homme qui a ouvert le Sein du Père avec ses cinq plaies par l’effusion de son Sang divin, comme Agneau Immaculé, sur l’autel de la croix.

« S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira. Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes. C’est pourquoi, parmi les grands, je lui donnerai sa part. »

Oh ! L’Homme est plus grand que l’Ange !…

Oh !… Les Anges adorent l’Homme-Dieu ! Et, prosternés, en adoration, tous ils brûlent d’amour devant l’Homme-Dieu meurtri qui a été objet de moquerie !… Tous ils adorent l’Homme-Dieu qui, en tant que Premier-né de l’humanité, en versant son Sang a sauvé l’homme déchu, nous élevant, à la dignité d’enfants de Dieu dans le Fils, et cohéritiers avec Lui et par Lui de sa gloire même !…

Mais quelle grande joie au Ciel !…

L’Homme-Dieu entre heureux dans le Sein du Père, par le mérite de ses cinq plaies ouvertes, et par celles-ci Il répand les grâces sur les hommes.

Tandis que Marie demeure dans le monde, et contemple…

Quelle joie ! Je contemple avec Marie la gloire de Jésus.

Comme Jésus est heureux dans le Sein du Père !… Gloire à Dieu !… Quelle joie !

Quel silence au Ciel et quelle fête !… C’est un silence ineffable.

Quel cantique de joie silencieuse !…

Le Ciel tout entier est en extase, en adoration devant le Dieu meurtri !…

L’Homme a donné à Dieu toute la gloire de réparation, infinie, qu’Il mérite, et Il laisse son côté ouvert, source d’eau vive qui jaillit du Sein du Père par le Christ vers les hommes…

Avec le Christ, commence l’Église triomphante… Fille de Jérusalem, avance glorieuse comme Épouse de l’Agneau Immaculé, car personne ne pourra barrer ton passage en tant que Reine.

C’est l’Église triomphante qui est en tête du cortège !… Quelle joie !… Quelle joie !…

Gloire à Dieu au Ciel !… Le Sein du Père est désormais ouvert pour tous les enfants de bonne volonté !… Il ne se refermera jamais plus !… Le Christ l’a ouvert… et il attend tous les hommes… Il l’a ouvert et Il s’est mis devant la « porte, » les bras grands ouverts, pour que jamais plus ne se referment les Portes somptueuses de l’Éternité…

Comme mon âme est contente et comme elle est joyeuse en ce jour de gloire !…

L’Homme chante à Dieu le cantique nouveau, le grand cantique de l’amour !…

 L’âme du Christ, parfaite et achevée, chante à Dieu le cantique nouveau, le grand cantique que Lui seul peut chanter…

Désormais l’homme chante car il a été racheté, et le Père regarde les hommes avec amour. Chaque homme Lui parle de son Christ et est greffé sur Lui ; et t lorsqu’Il étreint le Christ sur son sein, Il étreint tous les hommes.

Désormais l’homme a une nuance nouvelle et différente, et il offre au Père, avec le Christ, par Lui et en Lui, dans un sacrifice infini, le Sang de l’Agneau Immaculé…

Les principes de l’ancienne loi et le symbole de l’Agneau Pascal on été brisés !… Maintenant l’Agneau Immaculé, c’est le Christ, qui, dans une oblation perpétuelle, s’offre au Père par les hommes.

 La terre tout entière chante en l’Homme-Dieu ! La terre tout entière est de couleur rose !… Elle a une nuance nouvelle et différente !

Tout est en fête, le Ciel et la terre : le Ciel, parce que le Fils de l’Homme y est entré, et la terre parce qu’elle possède désormais quelqu’un qui répond à Dieu et Le glorifie pour elle…

Aujourd’hui tout est adoration… J’adore et je contemple…

Mais que la terre est belle !… Quel chant de joie l’Homme chante à Dieu. Comme il est triomphant le Sein du Père qui s’ouvre pour qu’entrent les hommes. Comme il est triomphant !…

Oh ! mais quel silence !… Le Ciel tout entier n’est que silence… Quelle joie !… Oh ! ce qu’est l’homme devant Dieu !… Mon Dieu, ce qu’est l’homme grâce au Christ !…

Oh !… Les Anges, ministres de Dieu, et les hommes, enfants de Dieu !… Les Anges adorent l’Homme, les ailes déployées – sans ailes – face contre terre – sans face – inclinés jusqu’au sol… – sans sol –. Au Ciel il n’y a pas de sol !… Du plus profond de leur anéantissement, ils adorent l’Homme Dieu qui, par la majesté de son excellence infinie ouvre par le mérite de ses cinq plaies le Sein du Père…

Maintenant l’Homme entre au Ciel, et il entre comme Fils du Roi, pas comme ministre ; et par le Christ, chaque homme est un enfant de Dieu. Et le Père reçoit la Messe avec joie, car Il reçoit son Christ, son Verbe…

Chaque Messe est le Sacrifice non sanglant du Christ, du Fils en qui Il trouve sa joie… Le Fils de Dieu fait Homme, le Fils de l’Homme qui est Dieu vient enfin d’entrer au Ciel !…

Et, comme le visage du Père est joyeux !… Et, comme Dieu est content lorsqu’Il voit son Verbe !… Il ne peut rien refuser à l’homme !… Pour les hommes, s’est ouverte la Source de la Vie, les Sources de la Divinité se sont ouvertes et coulent en flots torrentiels de vie divine qui jaillit à torrents du Christ et des sacrements.

 Quel grand jour de gloire !… Comme le Père est content lorsqu’Il voit au Ciel et sur la terre le Fils bien-aimé en qui Il trouve toute sa joie… toute sa joie !… toute sa joie dans l’Homme-Christ !…

 Toute sa joie !…  Toute sa joie !… Il ne trouve de joie en personne d’autre !… Toute sa joie est dans le Verbe… Et puisque le Verbe est Homme, Il trouve toute sa joie dans tous les hommes qui, greffés sur Lui sont le Nouveau Peuple de Dieu, Assemblée sacrée, « une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut, pour annoncer les merveilles de Celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, » lavés et sauvés par le prix de son Sang divin répandu, qui enlève les péchés du monde.

 L’homme est plus grand que l’Ange, par le Christ, car Il est le Fils bien-aimé du Père, et le Christ ne se fait pas Ange, Il se fait homme ; Il ne se fait pas Ange pour racheter les anges qui eux aussi avaient péché.

 Et puisque l’Homme est Verbe, l’Homme a un mérite infini, et c’est pourquoi l’Homme-Dieu fait que l’homme est enfant de Dieu et héritier de sa gloire, sauf l’homme rebelle qui ne veut pas bénéficier de son Sang, de ses mérites, ni de sa Rédemption ; mais cet homme rebelle, s’il vient à la Source de la Vie, il obtiendra toutes les grâces accordées aux vrais enfants.

Oh, quelle joie !… Je contemple, frappée de stupeur, anéantie et remplie d’une sainte crainte de Dieu, transcendée par tout ce qui est arrivé ici-bas lorsque Jésus est entré au Ciel !… je contemple ce moment où, il y a vingt siècles, Jésus entrait dans l’Éternité !… Je contemple l’âme du Christ qui entre au Ciel en ce Samedi de Gloire… le moment où l’âme du Christ monte au ciel ! Ce qu’est le Christ !… ce que font les Anges lorsqu’entre l’Homme… ce qu’est l’homme pour Dieu ; Il n’est pas ministre, Il est enfant de sa gloire et héritier de sa gloire…

L’homme, par le Christ, contemple le Père, chante avec le Verbe et s’embrase d’amour avec l’Esprit Saint…

C’est cela la vie de la gloire !… Enfants de Dieu !… Les Anges ministres… Quelle joie !… L’Homme est Dieu et les Anges adorent l’Homme qui par le mérite de ses cinq plaies ouvre le Sein du Père… Car l’Homme est le Verbe du Père, Incarné.

Quel silence !… Mais quel silence !… Mais quel silence !… Dieu s’est l’Immuable dans sa jubilation d’amour et dans sa joie infinie et coéternelle.

Oh !… voyez le Christ qui entre au Ciel !… Oui, maintenant le Christ entre au Ciel, Il est tellement content ! Et l’Église, comme elle est contente et parée, qui entre glorieuse avec le Christ !…

« Fille de roi, elle est là, dans sa gloire, vêtue d’étoffes d’or ; on la conduit, toute parée, vers le roi. Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ; on les conduit parmi les chants de fête : elles entrent au palais du roi.

À la place de tes pères se lèveront tes fils ; sur toute la terre tu feras d’eux des princes.

Je ferai vivre ton nom pour les âges des âges : que les peuples te rendent grâce, toujours, à jamais ! ».

Le voile du temple qui se déchire est le symbole de Jésus qui par sa mort ouvre le Sein du père, lorsqu’Il ouvre les portes majestueuses et somptueuses dans une joie éternelle de triomphe de gloire, déchirant le Sein du Père qui était fermé… Et par sa mort, l’ancienne loi est abolie et la Nouvelle Alliance a commencé, promise à nos Premiers Pères, à Abraham, Isaac et Jacob, annoncée par les saints Prophètes, dans laquelle Dieu vivra à jamais en étreignant l’homme qui L’avait perdu à cause du péché originel : « Ils seront mon peuple, et Moi, Je serai leur Dieu. »

Quel silence !… C’est la joie de Dieu silencieux !…

Le Ciel tout entier est en silence ! Même s’il est en fête en ce jour glorieux et triomphant de l’entrée de l’âme du premier Homme dans les demeures somptueuses de l’Éternité.

« Heureuse faute qui nous a donné un tel Rédempteur !, » qui est assis à la droite de Dieu, comblant l’espérance joyeuse de tous les Bienheureux qui, en compagnie des Anges, chantent l’hymne de louanges que l’on ne peut chanter qu’à Dieu et à l’Agneau :

« Alors j’ai vu : et j’entendis la voix d’une multitude d’anges qui entouraient le Trône, les Vivants et les Anciens ; ils étaient des myriades de myriades, par milliers de milliers. Ils disaient d’une voix forte :

« Il est digne, l’Agneau immolé, de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et louange ».

Toute créature dans le ciel et sur la terre, sous la terre et sur la mer, et tous les êtres qui s’y trouvent, je les entendis proclamer : « À celui qui siège sur le Trône, et à l’Agneau, la louange et l’honneur, la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles. »

Madre Trinidad de la Santa Madre Iglesia